Un club au plus près de ses licenciés
Par coucou
Dimanche 21 octobre, à Gibraltar, Jean-Pierre Richard, ultra-fondeur, licencié au club de l’AC Gigouzac / Saint Germain a franchi la ligne d’arrivée des 4 200 km que comprenaient les 64 étapes de la « Transeurope 2012 ». Nous l’avons interviewé par téléphone à son arrivée pour comprendre, avec quelques questions, l’incompréhensible.
DDM : Jean-Pierre, vous voici arrivé au terme de cette folle aventure. Avant toute chose quelles sont vos premières impressions après un tel exploit ?
JPR : Le soulagement. J’ai pensé à ma famille, à mes amis, à tous ceux qui m’ont soutenu pendant ces deux mois. En regardant la carte et les 64 points qui marquent les étapes, j’ai du mal à réaliser le chemin parcouru.
DDM : Je suppose que ces 64 jours dignes d’un forçat n’ont pas été sans souffrance. Avez-vous à un moment de la course, douté de votre arrivée à Gibraltar ?
JPR : La traversée de l’Allemagne a été pour moi un vrai calvaire avec des soucis gastriques qui m’ont vidé physiquement. L’abandon de Stéphane Pelissier m’a ébranlé. C’est un compétiteur simple, sensible qui m’a plusieurs fois remonté le moral et le voir quitter l’épreuve sur blessure, après un mois, m’a marqué moralement.
DDM : Pendant ces deux mois, les conditions ont été extrêmement dures, que vous a-t-il manqué le plus ?
JPR : Ma famille et mes amis. Après le passage de l’Allemagne, dans l’Aveyron, mes parents, ma famille, mon filleul Louis, les amis du Club de l’AC Gigouzac / Saint Germain sont venus me soutenir. Une semaine qui m’a permis de me recharger moralement avant d’affronter les 21 étapes espagnoles qui n’ont pas été de tout repos.
DDM : Malgré tout, quelle est la chose matérielle que vous allez retrouver avec le plus de plaisir ?
JPR : Les choses matérielles ne m’ont pas manqué, je m’adapte, malgré tout j’apprécie, en ce dimanche après midi, après une bonne douche bien chaude, le lit moelleux. Je vais savourer cette nuit sans départ lundi à 6 h 30 à la frontale.
DDM : Pourquoi ce pari fou, et quelles en étaient les motivations ?
JPR : Depuis que j’ai vu, en 1991, qu’une épreuve d’ultra traversait les Etats-Unis d’Ouest en Est, j’ai eu envie de me frotter à ce genre d’épreuve. Je me suis préinscrit à la « Transeurope 2012 » il y a 3 ans, bien avant de faire mes 2 « Trans Gaule » (traversée de la France en diagonale) qui m’ont servi de base d’essai, et m’ont permis d’aller au bout de mon rêve.
DDM : Comment s’est passée cette dernière étape ?
JPR : Nous sommes partis ce matin, sous le soleil. Jai pratiquement fait ces derniers kilomètres avec Patrick Bonnot. On a parlé, on a pleuré, on a refait la course et franchi la ligne d’arrivée, sereins et apaisés. Je suis conscient que c’est une aventure humaine extraordinaire que je viens de vivre. La difficulté va être maintenant de sortir de cette bulle dans laquelle nous étions depuis deux mois et de retrouver le monde réel. Mais ça, c’est une autre aventure, que j’affronterai après avoir pleinement profité de ma famille et de mes amis proches.
A travers La Dépêche du Midi, édition du Lot, qui a suivi Jean-Pierre Richard tout au long de cet incroyable exploit, c’est tout Midi-Pyrénées qui est fier et qui souhaite à l’enfant du pays un bon retour parmi les siens, prévu cette semaine, en le félicitant d’avoir porté bien haut les valeurs occitanes.
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